Dans un monde, si loin du notre, et pourtant si proche, qu’on pourrait presque le toucher si nous le voulions…
_ laissez moi entrer ! s’exclama une voix féminine.
_Non, on ne rentre pas dans les appartements du roi comme cela, surtout vous ! Lui répondit une autre voix beaucoup plus grave.
_ C’est de la plus haute importance, il s’agit de la princesse, vous savez que je peux tout savoir ou presque ! »
De l’autre côté de la porte, le roi entendait la dispute entre son garde et la vieille magicienne. Il se leva, et se dirigea vers la porte. Il l’ouvrit violemment et regarda tour à tour son garde et Arha, la magicienne. « Que se passe-t-il encore ! Arha, à chaque fois que vous mettez les pieds au palais, vous déclencher une dispute ! Cela ne peut plus se reproduire, on ne vous a jamais appris les bonnes manières ?
_ Votre majesté, dit Arha en s’inclinant suffisamment bas pour que le roi se rende compte qu’elle se moquait de lui. Lorsqu’elle se releva, elle le dévisagea et lui dis : Mon pauvre petit Kôhran, vous avez encore grossit ! »
Le garde se retourna, se plaça entre Arha et son roi et menaça de son épée le visage de la magicienne : « Comment oser vous vous adresser ainsi à votre seigneur ! Excusez vous tout de suite !!
_Oh vous mon petit, on ne vous a pas sonné hein ? Sachez que malgré mon apparence, j’ai quatre cents ans, et je fréquente cette famille depuis beaucoup plus longtemps que vous ! Votre seigneur, comme vous l’appelez, c’est moi qui l’ai mis au monde, et ce petit garnement a souvent profité que je lui change ses langes pour m’asperger …
_Stop ! s’écria le roi, stop Arha, ça suffit ! Mes gardes n’ont pas besoin de savoir qui que ce soit de ma vie certes passionnante mais privée, surtout mes exploits de ma petite enfance ! C’est bon, laisser la entrer. »
La magicienne entra dans la pièce la tête haute, pour bien faire remarquer au garde qu’il avait eu tord de s’interposer. Le roi se dirigea prés de son fauteuil au coin de la cheminée, et indiqua d’une main molle un autre fauteuil dans lequel Arha pourrait s’installer. A chaque fois qu’elle venait, Kôhran ne pouvais s’empêcher de remarquer que malgré son âge, Arha conservait son apparence de jeune femme, à savoir une peau lisse et claire, de magnifique cheveux blond lisses et certainement soyeux, dans lesquels il aimerait tant pouvoir glisser ses doigts. Et ses yeux, ils étaient d’un bleu océan, tels que n’importe qui, qui oserait plonger son regard dans celui de la jeune femme se noierait dedans.
_ Bonjour Kôhran
_Bonsoir Arha, pourquoi es-tu là ? Tu ne viens plus que pour me parler de choses graves c’est temps ci !
_Quel agréable accueil ! Tu auras remarqué que je viens de plus en plus souvent… Non je viens te parler de ta fille, j’ai rêvé d’elle cette nuit.
_Ah, oui ? Que ce passe t’il ?
_Elle, comment dire, elle, enfin, tu, tu vas être grand-père…
_Quoi ? Elle est enceinte ? Qui a osé l’engrosser ?
_Calme toi ! Tu parle de ta fille unique, de ton héritière, de la mère de ta descendance !
_Je ne veux pas d’un batard pour descendance !
_Cet enfant a forcément un père, demande donc à Arianna, elle doit savoir elle !
_J’espère oui, si elle est enceinte et qu’elle ne sait pas de qui, elle va m’entendre !
_ Kôhran! Cet enfant, ce ne sera pas un enfant comme les autres, ce sera l’Enfant ! Celui dont on parle depuis de nombreuses générations, celui qui n’est pas revenu depuis ton arrière-arrière grand-mère, cet enfant qui nous sauvera où qui nous détruiras.
_Non, cela ne ce peut ! Il ne faut pas !»Il se leva, tourna en rond quelques instant puis se rassie en se prenant la tête dans les mains. « Il ne faut pas, cet enfant ne doit pas naitre, il ne doit pas naître, pour notre bien et celui de ma fille, pour notre bien à tous, pour le royaume !
_Cet enfant doit naitre, tu le sais c’est l’élu !
_Il a beau être l’élu, il ne naitra pas, un point c’est tout ! C’est encore moi qui décide ici non ?
_Tu n’est pas Dieu tout puissant ! Aya, la déesse de la fertilité a souhaité que cet enfant naisse, il naitra, on ne peut se mettre en travers du chemin des dieux !
_Je ne veux pas d’un élu pour descendance, qu’il se trouve un autre géniteur !
_Tu dois savoir que cet enfant ne sera pas le votre. Ta fille le portera, elle le mettra au monde, mais elle ne l’élèvera pas. Je devrai l’emmener afin qu’il puisse accomplir sa destiné.
_Tu oserai retirer son enfant à ma fille ? Tu oserais accomplir un acte d’une telle cruauté ? Laisse le grandir près de sa mère et de sa famille. A défaut de m’empêcher de le faire disparaitre, laisses moi au moins le voir grandir comme mon enfant !
_Cet enfant doit grandir loin du monde des humains, il ne pourra découvrir ce monde que lorsque sa morale sera faite, lorsque la cruauté humaine ne pourra plus changer son éducation.
_Tu crois que lui faire découvrir un monde dont il ignorera tout l’empêchera de voir la cruauté humaine ? Ce sera un humain, il ressentira au plus profond de lui-même cette chose que l’on appelle l’humanité, car ce sera sa propre nature !
_C’est notre devoir, à nous, magicien, d’élever les élus. Nous existons pour les conduire le long du chemin du bien, pour les conseiller tout au long de leur vie. Tu n’as pas le choix, tu dois accepter la destiné de cet enfant, tu dois en parler à ta fille, tu dois le lui faire comprendre.
_Fais le toi ! Tu sais que depuis que sa mère est morte à la suite de l’accouchement de son défunt frère, elle ne vit que pour me donner un héritier. C’est son rêve d’avoir son enfant et de l’élever pour moi ; vas lui dire que l’enfant qu’elle porte doit grandir loin d’elle, vas recueillir ses larmes, ses cris, ses… vas, vas… Moi je n’en ai pas le courage, moi, je souhaite son bonheur ! Je te souhaite bien du courage, pour le lui faire accepter… Dis lui que son enfant est attendu depuis cent ans, dis lui que son enfant est l’élu, mais fais le sans moi !
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